MessageSujet: I Swear it wasn't me ! [ft. Evgeni] Sam 27 Aoû - 18:15
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I Sweat it wasn't me ! [ft.Evgeni]

Le petit - minuscule, vraiment - café de chez Joe n’avait pas son pareil pour étaler sous les yeux de ses clients ses innombrables babioles. Ses coussins douillets relevaient de l’antiquité, le bois de ses tables bancales était rongé et délavé par le temps, les clients s’y attablaient paresseusement et sous la chaleur accablante, c’était toujours une ambiance somnolente qui régnait, enfin… Jusqu’à ce que Chihiro ne soit embauchée. C’est aussi pour cela qu’elle l’aimait bien, ce café, ça et le fait qu’il payait pas mal du tout les quelques serveurs qu’il embauchait.

La petite brune passa un rapide coup de chiffon sur une table, se faufilant à toute vitesse entre les chaises et les rares clients. Elle récolta ainsi les remontrances grommelantes - dont elle ne fit pas cas - de Joe, qui la devinait depuis son vétuste bureau grâce au vacarme qu’elle faisait.  La jeune femme replia tout aussi rapidement le chiffon sur le large plan de travail puis rouvrit avec empressement, pour la énième fois, cette mystérieuse pochette noire qui occupait son esprit depuis plus de deux semaines déjà. C’était à croire si le propriétaire ne tenait pas vraiment à ces documents; ils avaient pourtant l’air important.

En tournant les quelques pages, Chihiro laissait courir son index sur les photos de ces gens dont elle connaissait les noms par coeur, maintenant. Connaissances de papier, âmes d’encre chiffrées.  Il y avait tout d’abord Slovena, fillette de huit ans qui, derrière ses bouclettes blondes, faisait apparemment montre « d’une excessive passivité ». La brune n’avait pas cherché à retenir les autres chiffres et indications compliqués que comportait le dossier; tout ce qu’elle se disait, c’est que si la petite avait été placée sous son aile, elle lui aurait fait faire les quatre cent coups dans la cité, avec un coup de pied au derrière si nécessaire et, sover ou pas, elle ne se serait plus jamais montrée aussi « passive », non Monsieur ! Il y avait aussi un certain Ulrick, brun, presque la trentaine, charme insensible, grande dépendance à la nicotine… Bah, on ne pouvait pas lui en vouloir; du moins pas Chihiro, elle qui ne se privait pas d’une petite cigarette lorsque l’occasion et les revenus s’y prêtaient. Enfin, il y avait Izaack, autre addiction; à l’alcool cette fois, de nature apparemment violente, un type pas commode, en somme.

Chihiro avait promptement deviné, grâce aux mentions scientifiques et précautions inscrites, qu’il s’agissaient là de Sovers. Elle en avait déduit que cette pochette appartenait probablement à un ressortissant de Zirnitria, un scientifique de passage, peut-être. Joe l’avait trouvée abandonnée entre deux de ces vieux sofas qui meublaient le café, et Chihiro s’était, fidèle à ses habitudes, précipitée en prétendant qu’elle la rendrait à son propriétaire. Voilà que deux semaines plus tard, la pochette était toujours entre ses mains et ses yeux inquisiteurs.

Elle avait beau éprouver une méfiance monstre envers ces « êtres d’éprouvette », ce n’était pas là un remède suffisant à sa curiosité maladive. Elle se demandait ce qu’un scientifique de Zirnitria pouvait bien faire à Amenti; cherchait-on à y implanter une « fabrique » de Sover ? Cette idée ne la réjouissait pas vraiment. Appuyant son coude sur le comptoir, et son menton dans sa main, Chihiro feuilleta à nouveau les trois dossiers. Dans la pochette, il y avait bien cette petite étiquette comportant des informations de contact, mais, par procrastination ou par pur refus, Chihiro n’avait pas cherché à joindre le propriétaire; elle s’était dit que ce dernier repasserait peut-être au café, une fois remarquée la disparition de sa précieuse pochette.

C’était une de ces nombreuses journées dont le soleil vous accablait, et la vieille clim’ crachotante du café n’y pouvait pas grand chose. L’on pourrait penser que cette chaleur ferait accourir les clients, et pourtant le café était aux trois quarts vides, mise à part un sexagénaire qui fumait dans un coin, un habitué, sans doute, et un couple de touristes, du moins c’est ce dont ils avaient l’air, assommés par la chaleur. Chihiro releva pensivement la pochette devant elle pour l’arranger en la tapotant sur le comptoir et l’on entendit le plancher du pallier craquer sous les pas d’un nouveau client. La brune n’y prêta tout d’abord aucune attention, tandis qu’elle continuait à petits coups à harmoniser les feuilles de la pochette sur le plan de travail, dont elle contemplait les fissures.

Lorsque le nouveau venu s’approcha du comptoir, Chihiro daigna cependant mettre la pochette de côté, lever le regard et accorder au client un de ses sourires trompeurs et excessivement joviaux, frôlant la niaiserie. Il devait approcher la quarantaine et n’avait aucunement le teint hâlé de la plupart des Amentiens, il portait des lunettes, et il y avait dans ses airs une indicible et agaçante léthargie - était-ce de la fatigue, ou de la lassitude ? - sur laquelle Chihiro ne parvint pas immédiatement à mettre le doigt.

- Bonjour ! Je peux vous servir quelque chose ?


#93baee


   
   
   
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