MessageSujet: unforgettable // leo Mer 13 Juil - 19:41
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leo // alec
musique – Je ne me suis jamais senti vraiment amoureux. J'ai parfois eu de l'admiration ou des regards un peu volatiles. Encore une fois, je ne me sens pas vraiment amoureux. Mais c'est vrai. Parfois, j'ai le cœur qui bat. Parfois, j'en ai la peau moite. Parfois, j'ai du mal à décrocher mes yeux d'elle. Parfois, seulement parfois.
Voilà seulement deux jours que j'ai pu me libérer de mon geôlier à Zirnitra. Les rues d'Oranda ne me sont jamais apparues aussi inquiétantes que depuis que je l'ai quitté. La sensation d'être épié m'empêche de dormir, m'empêche de penser et pire : m'empêche de vivre. J'en ai les cernes violacées, les épaules basses et la mine pâle. Je me cache derrière mes vêtements et je lutte. Je lutte, j'ai l'air mort, mais je lutte.

Je pousse la porte de l'apothicaire et le scintillement des clochettes contre la vitre averti ma venue. Elle ne viendra pas derrière le comptoir tout de suite.
Dans la pièce, l'odeur du médicament, des plantes et de la mélancolie vole au-dessus de moi. Je regarde les quelques flacons disposés ci et là sans vraiment en comprendre les inscriptions. C'est la première fois où je me rends sérieusement ici, pas pour prétendre acheter quelques herbes vertueuses pour les excuses ridicules que je pouvais donner à mademoiselle Englemann, simplement pour pouvoir lui parler. La voir.

C'est idiot, un homme amoureux.

C'est pourtant bien la première fois où le cœur n'y est pas – l'âme elle-même, s'est évaporée. Je me racle la gorge et la voit arriver. Je suis un idiot. Je rougis. Je ne sais pas pourquoi, c'est comme ça. Je m'approche timidement du meuble derrière lequel elle se trouve.

« Bonjour, vous... Je reprends ma respiration, cherche mes mots. Vous auriez quelque chose contre les insomnies... ? Ou quelque chose pour.. dormir. »

Je manque de bégayer à plusieurs reprises. Et j'ai honte. Ô grand dieu, que j'ai honte.
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MessageSujet: Re: unforgettable // leo Mer 13 Juil - 23:32
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Elle était allée chercher de bonne heure les fleurs de sa journée. Quelques inodores et vide de sens mais surtout très colorées pour agrémenter sa sombre boutique. Ainsi elle avait glissé ça et là quelques renoncules blanches, entourées de fleurs roses orangées, et de la végétation. Leo aujourd’hui flottait légèrement. Elle s’en était rendue compte quand elle adressait un sourire doux à la fleuriste. Aussi avait elle ajouté à son bouquet les fleurs du charmes, celles qui complimentent sans dire un mot. Peut être qu’elle avait dormi correctement, que son thé brûlait à la température merveilleuse et jamais atteinte ? Il y avait aussi l’effet des beaux jours, ceux où le froid ne perturbe pas les anatomies fragilisées, ou que les bourgeons printaniers n’importune plus les poumons, gorges et voix nasales des un et des autres. Ainsi on ne sonnait pas à sa porte dans un défilé d’impatience ponctuée d’éternuements toutes les cinq minutes. C’était peut être moins bon pour son tiroir caisse, mais il en faut peu pour être heureux, lui avait on un jour fredonné.

De telle sorte qu’elle passait ces derniers jours de longues heures seule derrière son comptoir. Quoiqu’elle ne restait pas plantée là, elle avait tant à faire en arrière boutique. Se préparer un thé pour commencer, mais aussi ordonner les boîtes de comprimés dans les tiroirs, jeter ou renvoyer ceux qui s’étaient périmés, ou qui ne trouvaient pas leur place dans sa boutique. Elle fabriquait également quelques sachets d’infusions aux vertus homéopathiques ; pour traiter l’angoisse, la fatigue, un rhume léger, quelques douleurs musculaires. Des baumes, des pommades, elle avait à son compteur quelques années d’études et de bouquins hérités de ses parents.
Tout cela bien entendu en guettant le tintement de la porte. Un bruit doux comme du vent qui cogne entre eux des bambous, ou de très légères cloches. Même s’il n’y avait qu’un fin rideau de coton qui séparait son comptoir de l’arrière boutique, Leo se montrait si distraite que n’importe qui pourrait se servir dans ses étagères mal rangées sans qu’elle ne s’en rende compte. Ça avait déjà du lui arriver d’ailleurs, et elle n’est toujours pas au courant. D’un autre côté, elle ne fait que rarement l’inventaire de ses rayonnages, les médicaments onéreux étant précieusement rangés dans ses étagères derrière le rideau en coton léger. Mais les véritables clients patientaient. Comme…

Monsieur Dewitt !

Elle lui adressait donc son sourire doux presque sincère du jour, avec un rien d’hypocrisie nostalgique comme elle savait si bien faire. Mais elle appréciait Dewitt. Il lui arrivait de discuter avec, sans que cela ne soit qu’un vulgaire échange de banalités infâmes. Non, il avait cette petite nuance qui rendait ses mots charmants. Bien qu’il ne parle pas souvent, du moins quand il entre dans sa boutique. Elle n’est pas bavarde non plus, mais c’est suffisant. Un autre commerçant lui aurait demandé ‘’cela fait quelques temps que je ne vous ai pas vu, vous allez bien ?’’ au fond elle l’aurait bien dit. S’il n’y avait pas cette petite barrière bien solide.
Elle laissait les choses faire, l’écoutant balbutier un peu, sans que cela n’en soit gênant. Et tandis qu’il parlait, elle réfléchissait déjà aux produits qu’elle comptait lui proposer.

Hum, évidemment. J’ai des médicaments assez lourd qui vous expédierons au pays des rêves rapidement, mais ils doivent être pris avec précaution, et à la condition d’arrêter la cigarette, le café, ce genre de choses qui pourraient être un réel cocktail molotov.

Elle s’arrêtait, laissant ses yeux rouler sur le visage de Monsieur Dewitt, un peu intriguée par les cernes creusées sous ses pupilles. Ça alourdissait son regard, elle ne se souvenait pas l’avoir vu dans cet état. Il était statique, elle ne l’avait vu se déplacer, mais il semblait assez abattu. Le résultat d’insomnies répétées certainement.

Autrement, je peux vous proposer un traitement homéopathique, c’est plus doux pour votre corps, et il y’a également moins d’effets secondaires. Cependant, je ne peux en juger avec le peu d’informations que vous venez de me donner.

D’un coup elle se sentait plus froide, comme si elle formulait au pauvre Dewitt un reproche. Mais lui ne pouvait dissimuler sa fatigue derrière des couches de maquillage, contrairement à elle, qui chargeait un peu trop sur le noir d’ailleurs. Délicatement elle appuyait ses coudes sur le comptoir, sans cesser de fixer son client, mais avec son regard vide de sens.

Racontez moi. C’est quelque chose de fréquent ? Ça vous était déjà arrivé auparavant ? Combien de jours ? Vous êtes stressé peut être ?

HRP:
 


 
#E0B8E0
MessageSujet: Re: unforgettable // leo Dim 17 Juil - 15:31
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musique – Je ne suis pas un grand habitué des médicaments, je les évite généralement pour prôner une guérison naturelle – certes plus longue. C'est très certainement puéril et bien enfantin pour un homme d'une trentaine d'années et je me souviens très bien de l'image de ma mère me courant après dans le jardin avec des antibiotiques dans la main. Ce souvenir m'effleure l'esprit et a le don de me réchauffer l'idée – je n'irai pas jusqu'à sourire mais l'idée y est.
Mademoiselle Engelmann, comme je m'y attendais, m'annonce qu'elle avait bien quelque chose pour moi. Et même... quelques choses, en fait. Son discours me paraît un peu flou, pourtant je me tue à rester attentif mais le sommeil se manifeste seulement maintenant – dans mon lit, c'est pourtant impossible ! Je ne peux pas travailler dans ces conditions.

Je fronce un peu les sourcils, prenant un peu de temps pour assimiler toutes les informations qu'elle vient de déblatérer, posant au même moment mes mains sur le comptoir (en vérité pour me garder debout correctement). Ses questions, en revanche, me prennent de court. Je n'ai pas réfléchi à des excuses et je suis un mauvais menteur, en prime.
Machinalement, je me frotte la nuque et réponds dans entrer dans les détails :

« Mon travail me bouffe, je dois l'avouer et... je suis désormais obligé de me rendre à Zirnitra une fois par semaine. J'ignore si je peux me permettre d'en parler. Dans tous les cas, je ne prendrai pas le risque de mentionner Armand qui en est la cause. Ca ne m'arrive pas souvent je dors plutôt tranquillement mais ces voyages me stressent.. Je crois. »

Je ris.
Je ris de moi, en fait. Je ris fatigué.
Je me racle la gorge et regarde autour de moi.

« Désolé si je vous parais étrange. Mais je dois avouer que vous êtes mon unique espoir pour m'en sortir cette fois-ci. »

Avouais-je, honteux.
unforgettable


MessageSujet: Re: unforgettable // leo Mar 2 Aoû - 0:48
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Je vois, dirais son oncle en passant le bout de ses doigts sur son menton lisse. Elle ne le fait pas, estimant avoir pour l'instant suffisamment de tic et toc en tout genre. Non, elle écoutait toute aussi immobile, Dewitt déballer les causes plausibles. L'auto diagnostic, c'était déjà quelque chose d'intéressant en soi. Du moins pour Leo ; elle sentait que son client (puisqu'elle n'est pas médecin pour les désigner comme patient), avait assez de résolution en lui pour comprendre le lien cause à effet qui perturbait son métabolisme.
Désormais, elle réfléchissait à ce qu'elle pouvait lui vendre sans prescription. Et même, quelques conseils à lui offrir. Fatigue, débordement, stress, mouvement perpétuel entre Oranda et Zirnitra. Du peu qu'elle savait de lui, et surtout des bribes qu'il lui délivrait, Dewitt n'avait pas un rythme de sommeil quotidien équilibré, et certainement le train de vie qui l'accompagnait. Oh, bien loin l'idée de placer un jugement sur les épaules de cet homme. À vrai dire, elle s'en fichait. Pas de lui, voyons, il ne faut pas entendre à mal certains propos. Elle se moquait éperdument du train de vie de ses clients. Ils étaient pour elle des vagues qui venaient et repartaient, pour s'écraser sur la plage. Certaines se chargeaient d'écumes, d'autres avaient peut être noyés. Mais au final elles roulaient sur le sable indubitablement. Il n'y avait pas de digues à ériger.

Vous êtes humain monsieur Dewitt, c'est bien plus étrange encore.

Elle souriait avec une pointe de malice imperceptible tandis que ses pupilles se posaient sur l'une des fleurs odorantes du comptoir. Mais elle ne lui laissait pas une seconde de répit et élevait la voix plus clairement, avec ce même air vague quotidien.

Il y a plusieurs moyens de régler vos soucis de sommeil sans avoir recours à des médicaments lourds. Cela commence par une modification de votre quotidien et de votre environnement, comme par exemple avoir une chambre décorée très simplement et surtout de manière apaisante. Ou encore de ne boire que de l'eau ou de la tisane passé 18h, et surtout, se détendre, pour permettre à votre corps de se reposer efficacement. Et puis...

Elle remarquait qu'il était réellement statique depuis qu'il s'accoudait sur le comptoir, strictement face à elle. Ils se trouvaient seuls dans la boutique, et depuis quelques minutes Leo avait cessé de fixer une fleur ou un vieux livre sur une étagère. Non elle se concentrait dans la conversation, les yeux rivés sur le visage de son interlocuteur ce qui, je vous l'accorde peut paraître vraiment déconcertant. Elle se demandait s'il l'écoutait ou qu'il n'en donnait qu'une illusion perceptible.

Monsieur Dewitt, l'interpeller suffirait à le ramener quelques secondes dans la conversation. Vous m'avez l'air exténué, et j'ai énormément de traitements à vous proposer. D'autant plus qu'une théière fumante m'attend sur la table de mon arrière boutique. Aussi, je vais vous paraître cavalière, mais pourquoi ne pas s'assoir cinq minutes ? J'en profiterais pour vous expliquer en détail ce dont vous avez besoin.

Ça lui arrivait, d'inviter des clients boire un thé dans son arrière boutique. Quand elle était dans un certains état d'esprit bien évidemment. Autrement, elle se contentait du simple échange de banalité commerçant-client. Elle écoutait plus en détail les soucis, proposait des solutions à l'infini.

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