MessageSujet: au loin, les pyramides (akmar) Mar 19 Juil - 21:25
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au loin, les pyramides.




JJe n’aime pas Amenti.
Le sable se glisse dans mes chaussures, me voile les yeux, crée les plus étranges mirages qui veulent me tromper et m’emmener je ne sais où. Tempête, clarté troublante d’un rougeâtre immonde, orangé dérangeant.  Je ne suis jamais à l’aise ici. Tout diffère de mes contrées natales, tout est à son inverse. Adieu les flocons blancs et bleutés, dont la fraîcheur glace mon sang et tout mon être. Adieu les grandes étendues de douceur glaciale, labyrinthe sans égal, sans chemin ni même passage vers un avenir certain.  Mais alors que j’avance, là, dans ce désert incertain, je me rends compte que même si je suis dans un monde inversé, où le froid est remplacé par le chaud, les similarités ne sont pas à prendre à la légère. Un labyrinthe de désert rouge. Pas de voie.  Pourquoi faut-il que je m’en rende compte à présent ? Pourquoi n’en étais-je pas conscient avant ? Car je n’avais jamais perdu mon chemin dans un dédale avant. Mais que je l’ai fait, dans la toundra. Et qu’ici, à présent, j’ai peur. Je suis conscient que la même chose pourrait m’arriver. Un faux pas et je serai perdu, je ne retrouverai jamais mon chemin. Pourquoi ai-je soudainement froid ? Mauvais souvenirs. Trop de mauvais souvenirs.

Je n’aimais pas Amenti. Je devrais me corriger sur ce que j’ai dit précédemment.
Même terrifié à l’idée d’être perdu, je commence à apprécier cet endroit. Jamais je n’ai connu telle touffeur. Bien que je ne l’appréciais pas avant, trop envahissante pour mes tenues adaptées à mon éternel blizzard, je prends peu à peu des sentiments non négligeables face à la chaleur compatissante de ces lieux. Elle envahit mon corps pour faire fondre la glace qui perce mon corps depuis quelques mois, années, je ne sais plus. Je n’aurais jamais pensé dire que je pourrais peut-être m’y installer, dans mes vieux jours, quand mon cerveau sera trop rongé par la honte et les remords. Après tout, je commence à connaître les lieux… Mes supérieurs m’y envoient de plus en plus souvent, pour diverses missions bien trop confidentielles pour qu’elles soient décrites. Mais avec le temps, peut-être ai-je aussi des raisons personnelles de vouloir y venir. Comme cette jeune femme avec qui je communique, régulièrement, par le biais de lettres. Qui aurait cru que je puisse faire telle chose ? Pourtant si. Mais… Je crois qu’il vaut mieux garder le mystère. Une rencontre, bien que ma présence ici se fasse de plus en plus régulière, briserait les sentiments que j’arrive à transmettre par mon écriture hasardeuse.

Je crois que je ne sais pas si j’aime Amenti.
Certes. La chaleur calme l’homme en panique, perdu, transporté dans un monde qui me semble parallèle depuis quelques années… Mais n’ai-je pas des attaches à Zirnitra aussi ? Je suis bien trop fidèle à ma patrie, celle qui veut encore de moi malgré mes erreurs. Je suis bien trop fidèle à mes fantômes, qui, même si je les fuis, font partie intégrante de mon existence.  Pourrais-je vivre sans eux ? Ne me sentirais-je même pas plus vide encore sans eux ? Ne serais-je pas quelqu’un d’autre sans eux ? Voilà que je songe encore à des choses peu… recommandables. Guerrier solitaire, perdu dans un désert qui n’est pas le sien. Reprends-toi, Llyr. Tu n’es plus un gamin à paniquer pour un rien.

Et je ne suis pas seul, là.
Je reviens d’un ordre qui n’était pas des plus… plaisants. J’ai du me fondre dans les torrents de lave offerts par les dunes sans fin, mais je suis de retour. Mon cœur a tant battu qu’il semble s’être éteint. J’ai eu peur de me perdre, oui. J’ai eu peur de tout recommencer. Survivre. Survivre à ma façon. Devoir prendre possession, entre mes crocs démoniaques, de la chair de ce jeune homme qui m’a été attribué, qui est sous ma responsabilité. Car oui, même si je viens de Zirnitra, je ne peux pas me permettre de m’aventurer dans une terre inconnue avec un soldat de ma nation. C’est une personne d’Amenti. Son nom ? Complexe. Plus que le mien, cela me change. Je n’aime pas, par respect, appeler quelqu’un par son prénom mais il s’avère que je le fais avec lui pour ne pas faire honte à son nom par une prononciation peu appréciable. Akmar. Voilà, Akmar.

    « Soldat, nous voilà au calme. Trinquons avant que je reparte pour Zirnitra, non ? »


Jusque là, il n’avait vu que la face droite et dure qu’offre ma personne. Mais une fois la tornade passée, ne suis-je pas un homme comme un autre ?







    do not go gentle into that good night, old age should burn and rave at close of day; rage, rage against the dying of the light. though wise men at their end know dark is right, because their words had forked no lightning they. do not go gentle into that good night.

MessageSujet: Re: au loin, les pyramides (akmar) Mar 26 Juil - 14:16
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au loin, les pyramides
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Akmar se demande ce qu'il fait là.
Assis face à cet officier zarlinien, dans un bar un peu enfumé de la cité. Quelques clients sirotent tranquillement une boisson fraiche — longuement attendue après une journée à travailler sous un soleil de plomb. Ils devraient être habitué depuis le temps. Pour les natifs, le soleil d'Amenti continue à se montrer traitre — abattant ses rayons sans pitié sur des êtres pourtant bien préparés. Il n'osait imaginer la réaction des étrangers lors de leur premier voyage dans sa contrée. Tirés sur quatre épingles, suant à grosses gouttes en dessous de leur chemise mal adaptée. Il se demande parfois ce qu'ils font là, ces hommes d'affaires qui se ruent dans leurs bureaux à peine moins chauds — un immense ventilateur tournant au plafond, leur apportant un peu d'air brûlant. Il n'est pourtant pas inhabituel de voir les habitants de la cité ardente, les manches retroussées, le torse luisant de sueur dévoilé. Il en aperçoit un au coin du bar en train de déguster sa boisson de bonne qualité.

Akmar se demande ce qu'il fait là.
Il ferait presque tache, dans ces quartiers huppés du centre-ville. Il n'est pas encore habitué à fréquenter ce genre de bar où la bière a un autre goût que la pisse de cheval. Ce n'est pas l'établissement le plus opulent de la cité — heureusement. Mais les verres sont presque propres et l'air y est moins brûlant et enfumé que dans les bars mal fréquentés où il a l'habitude de s'arrêter. Il frotte ses mains moites contre sa barbe de quelques jours qui commence à envahir son menton. Il a encore oublié de se raser ce matin, en retard pour rencontrer cet officier zirnitrien. Il n'avait pas envie de se lever — son corps perclus de courbatures et la langue pâteuse. Et puis, encore un gus de Zirnitra. Ha. Ça lui faisait une belle jambe. Il n'avait absolument aucune envie de faire quoique ce soit, ni même d'entrer en contact avec un ressortissant de cette horrible cité glacée. Mais les ordres sont les ordres — Akmar n'a jamais eu un esprit vraiment rebel. C'est peut-être pour ça qu'il est là — toujours dans ce bar des Rues Colorées.

— « Soldat, nous voilà au calme. Trinquons avant que je reparte pour Zirnitra, non ? »

Akmar se demande ce qu'il fait là.
Un léger sourire accroche le coin de ses lèvres sèches. Il pourrait presque l'apprécier cet officier zirnitrien — droit dans ses bottes. Il semble dur — froid, inaccessible, pourtant ses yeux bleus n'ont rien de glacial. Il irait même jusqu'à les comparer au bleu azur qui s'étend au dessus du désert — immense, profond, avec quelque chose d'indéfinissable et pourtant de plaisant. Il n'a pas tendance à parler pour ne rien dire, remplissant le silence parfois oppressant d'anecdotes inutiles — contrairement à une de ses connaissances. Akmar prend du bout des doigts le goulot de sa bouteille de bière pour venir la cogner contre sa comparse, son demi-sourire se faisant plus franc.

— « Trinquons sir ! » dit-il avant de prendre une gorgée de sa boisson presque fraîche. « En espérant vous revoir uns de ces jours. » rajoute-t'il plus doucement.

Akmar ne demande plus ce qu'il fait là.
Il est là pour apprécier quelques verres après une mission bien menée.
Il est là pour apprendre à connaitre cet officier zirnitrien au nom un peu imprononçable massacré quelques fois sur sa langue peu habituée, avant de se résigner à l'appeler sir pour le reste de la journée.
Il est là, les épaules détendues, les doigts pianotant sur la table, rêvant d'allumer une cigarette pour accompagner cette bière tiède.

— « Ça vous dérange si je fume ? » finit-il par demander, caressant son pouce droit nerveusement.

FT. LLYR


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I'm dying and I'm trying, but believe me I'm fine. But I'm lying, i'm so very far from fine. And i, i can feel the pull begin, feel my conscience wearing thin, and my skin, it will start to break up and fall apart. i don't wanna fall away Δ twenty one pilots
MessageSujet: Re: au loin, les pyramides (akmar) Mer 3 Aoû - 8:18
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Parfois il ne faut pas grand-chose. Je le sais. Tant de personnes me haïssent du regard, m’espionne du coin de l’œil en se disant que oui, l’homme que je suis doit être sévère, voire pire encore. Un véritable monstre. Il n’est pas, en plus, dans mes habitudes de sourire quand je suis en service. Mais il ne faut pas grand-chose pour que ces pensées hâtives s’échappent. Quand le devoir est fait, quand l’objectif est atteint, quand la mission est accomplie, je me montre quelque peu plus détendu. Je me dois d’admettre que si nous avions échoué, je n’aurais pas été si sympathique. Mais l’échec n’est pas une option, une variante que je n’admettrai jamais. Je n’ai échoué qu’une fois, et cette fois là me pèse suffisamment sur la conscience pour que j’accepte une autre erreur. Mais heureusement pour moi, pour les autres, pour ce soldat qui m’accompagne, nous avons réussi. Et comme prévu, mes muscles tendus, blessés, fatigués, se laissent aller à une douce complaisance, à la détente, pour que tout mon corps comprenne qu’enfin, oui, il peut se reposer. Attention. Je n’entends point par là que je me laisse aller comme un vulgaire homme qui n’a aucune dignité, à se rouler dans la fange. Non. Disons simplement que mes épaules retombent un peu, le poids s’étant envolé.


Je bois de ce nectar frais comme si je n’en avais encore jamais gouté. La chaleur de ces lieux, pénétrant mon corps pour le bruler de l’intérieur, me monte tant à la tête que je crois que j’aurais apprécié n’importe quel alcool. Certes, un whisky zirnitrien n’aurait pas été de refus, voire même l’une de ces vodkas bien trop chères que j’ingurgite comme un vulgaire verre d’eau tant le goût ne m’est pas satisfaisant. Mais boire une bière, chose que je ne fais que si rarement, peut me satisfaire. Bon sang. Même ailleurs, dans une nation étrangère, je ne peux pas m’empêcher d’essayer d’échapper aux fantômes de mes pires cauchemars en venant les noyer de cette boisson qui – je tente de m’en convaincre – forme un bouclier autour de mon âme. Mais je sais que c’est l’inverse. Il vaut mieux ne pas songer à une telle chose parfois. Non. Et de toute façon, si quelque chose se doit de me détruire, ça ne sera aucunement ces spectres du passé. Je me détruirai seul. Mais rien ni personne n’arrivera à me vaincre, rien ni personne sauf moi-même.

« Je vous en prie. » sont mes seuls mots alors qu’il se met à fumer. Nous avons tous notre addiction. Il fume, je bois. Il arrive que parfois, j’accepte volontiers le tabac, mais il faut aussi dire que je ne fais cela que dans des discussions d’ordre diplomatique, avec mes supérieurs. Il faut croire que ces derniers apprécient que la fumée vienne embaumer leur esprit alors qu’ils déblatèrent sur les relations avec Amenti ou Oranda, ou sur les femmes qu’ils ont traité comme des êtres inférieurs la nuit précédente. Mais sinon, je ne fume pas. Une seule addiction à la fois. Non, qu’est-ce que je raconte ? J’ai bien plus d’addictions que je ne souhaite l’admettre. Mais il est déjà bien que je m’avoue en avoir une. N’allons pas trop vite. Quoique. Mes yeux bleus se portent sur Akmar, effleurent sa silhouette. Il pourrait être délicieux de goûter à une peau pittoresque, plus sombre, sans doute plus fine. Me laisser tenter par une chair différente, la porter à mes lèvres dans un souffle premier. Quel sens caché peut bien avoir ce corps, quelle odeur, quelle goût puis-je y trouver ? Allons. Llyr. Fais le point sur ces pensées troublées. Tu ne peux pas te permettre de croquer dans chaque personne que tu rencontres. Hm.

Quand je disais que j’avais plus d’une addiction. N’en est-ce pas la preuve arès tout ?

Non. Il n’est pas pour moi. Et je ne sais pas si j’en aurais envie. Qu’est-ce que je raconte ? Je ferai n’importe quoi pour que quelqu’un vienne briser le silence de mes nuits ! Est-ce que j’en prends du plaisir ? Disons que je me contente de satisfaire mon corps, mais je ne sais pas si je peux dire que… j’apprécie. Cela apporte de la fioriture à mes nuits monotones peuplées de souvenirs obscurs.

    « Comment est la vie, ici ? Comment faites-vous pour supporter ce soleil toute la journée ? »


Oui. Il m’arrive de poser des questions de types… normales. Basiques. Idiotes. Tout le monde fait ça, et je fais partie du monde.

    « Tout est si différent de Zirnitra, ici. Que ce soit par le comportement des hommes ou bien l’architecture. »









    do not go gentle into that good night, old age should burn and rave at close of day; rage, rage against the dying of the light. though wise men at their end know dark is right, because their words had forked no lightning they. do not go gentle into that good night.

MessageSujet: Re: au loin, les pyramides (akmar) Mar 9 Aoû - 16:30
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au loin, les pyramides
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Akmar sirote sa boisson du bout des lèvres — le liquide amère coule le long de sa gorge, tarissant le feu qui incendie ses entrailles. Sa soif n'est apaisée que quelques temps — quelques instants de répit avant qu'une nouvelle sécheresse n'y prenne place. Sa bière n'est pas spécialement bonne — il n'y fait pas vraiment attention. Il n'y a jamais fait vraiment attention — pas le temps, ni l'argent d'aller déguster des dizaines de boissons alcoolisées pour en apprendre toutes les nuances et les subtilités. Loin d'être un fin connaisseur, il se contente de demander quelque chose pour le désaltérer. Mehdy Al-Misrî — son père — aime se laisser rêver que la vieille bouteille de whisky qu'il a gagné il y a vingt ans dans un boui-boui est d'une très grande qualité. Il s'en sert un doigt dans un verre à thé lors des grandes occasions — faisant comme s'il était habitué à en déguster, déguisant ses étranglements dans des quintes de toux spontanées. Il se souvient, ça le faisait rigoler enfant.
Il se souvient, ça lui fait pitié maintenant

Il s'adonne à son addiction suite à la confirmation de son compagnon. Akmar sort une petite boite métallique de sa poche d'uniforme — ouvrant le couvercle d'une pression du pouce. Il lui reste trois clopes, il devra en rouler de nouvelles en rentrant. Il prend délicatement uns de ces tubes de nicotines qu'il place au coin de ses lèvres craquelées, cherchant négligemment son zippo au fond de ses poches. Une flamme — le filtre se consume doucement et il inspire, la fumée emplissant ses poumons. Il sent une tension qu'il pensait inexistante disparaître de ses épaules. Il s'affale légèrement sur son siège, grattant doucement le coin de sa mâchoire. Ses doigts d'araignées élancés viennent cogner contre le verre de sa bouteille. tic tic tic. Ses ongles un peu trop longs jouent un rythme inconnu — peut-être uns de ces morceaux qu'il aime tant écouter au tourne-disque, ou bien un air que lui murmurait sa mère quand il était plus jeune qui sait.

— « Comment est la vie, ici ? Comment faites-vous pour supporter ce soleil toute la journée ? »
— « Ha, on est plongé dedans depuis qu'on est bébé. Quand on est enfant on joue à longueur de journée sous ce soleil. » dit-il, amusé « On s'y habitue — on s'habitue à tout. Mais on n'y est jamais vraiment insensible. »

Akmar ne s'y habituera jamais — ces conversations banales, courtoises, pour remplir le silence qui s'installe. Ce genre d'échange de phrases bateau lui pèse beaucoup plus que le soleil constant de la cité. Pourtant, étrangement, cette fois-ci, cela ne le dérange pas vraiment. Il répond même de bon coeur au soldat zirnitrien.

— « Tout est si différent de Zirnitra, ici. Que ce soit par le comportement des hommes ou bien l’architecture. »
— « C'est certain, mais imaginez des maisons faites de torchis et de paille au milieu d'une toundra glacée ... »

Il fini sa phrase par un rire discret. Il n'est jamais allez là bas — dans le grand nord. Akmar n'y a même aucune envie d'y mettre les pieds. Il sait ce qu'on dit à propos de Zirnitra, ce qu'on murmure au sujet de ce qu'il s'y passe. Et la conversation sympathique de l'officier ne pourra pas lui faire changer d'avis. Rien qu'il y a une semaine de cela, il avait rencontré un autre ressortissant zirnitrien — un enfant de riche dans toute sa splendeur. Un sourire étend ses lèvres lorsqu'il repense à l'état de ce pantalon blanc après leur visite des bidon-villes. Ha quelle idée.

— « Est-ce aussi coloré ? » finit-il par demander, sa curiosité l'emportant sur son mépris envers la cité des steppes glacées. « Je n'ai jamais vraiment voyagé » avoue-t'il plus bas, presque timide. « Mais il y a bien une chose qui ne me manquerait pas si je partais d'Amenti, c'est ce sable qui se glisse partout. »

Comme pour illustrer ses propos, il sort quelques grains de sables qui s'étaient coincés sous ses ongles. Vraiment la poussière et le sable du désert sont deux choses dont il pourrait bien se passer.

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MessageSujet: Re: au loin, les pyramides (akmar) Jeu 11 Aoû - 21:20
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Les discussions que je me force à avoir avec les autres sont banales. D’une idiotie certaine. Il m’est difficile de parler de choses plus sérieuses, car même si je le souhaitais et lui aussi, nos nations sont tant différentes que nous ne trouverions que peu de points communs pour satisfaire nos questions. Mes réponses seraient complexes et n’apporteraient, en vérité, absolument rien, car nos cultures étant séparées, la moitié de ce que je pourrais dire ne serait pas compris. Alors restons dans la banalité. Restons dans al simplicité. Peut-être que les gens autour de nous font la même chose, mais dans d’autres langues. Oh oui, la langue. Il est assez positif que nous en parlions une en commun. Il m’est arrivé plus d’une fois de devoir travailler et donner des ordres dans une langue, et que l’autre n’y soit pas habitué. Je hais ce genre de moments. Comme quoi, il n’y a pas que du négatif à être avec ce jeune homme. Mais ai-je dis qu’il y avait vraiment du négatif de toute façon ?

L’odeur de la cigarette se rapproche lentement de mon nez mais je n’en dis rien. Nous en sommes entourés, de parts et d’autres, depuis notre entrée dans ce bar. A Zirnitra, ce serait l’odeur du cigare. Peut-être l’odeur de l’opium, aussi, dans d’autres établissements. Je connais bien cette odeur, pour avoir plongé dans cette drogue dans ma jeunesse, puis plus tard. Mais non. Peut-être est-ce une odeur que je devrais oublier à présent. Un long soupir m’échappe maladroitement alors que je redresse les yeux quand il prend la parole. Je dois paraître fatigué, pourtant je ne le suis pas tant que ça. Je suis juste un peu ailleurs comme souvent. Hm. Je ne suis certainement pas une bonne personne avec qui converser, quand on y pense. Je devrais faire un petit peu plus d’efforts. Ca ne vient pourtant pas de l’ennui, ni même de son accent étrange qui est, quand on le réfléchit, aussi étrange que le mien à son oreille. Ce n’est pas la mission. Ce n’est pas le lieu, au contraire, rien de tel qu’un petit peu de bruit. C’est juste moi. Moi et mon esprit vagabond. Moi et mon esprit volage. Moi et mon esprit différent.

Un sourire, oui. Un petit sourire fait l’affaire. Puis je bois une gorgée de mon verre pour la forme. Est-ce que j’en sens le goût ? Non, la question devrait être : est-ce que je perçois encore le gout du moindre alcool, ou bien est-ce trop devenu une habitude ? Bon sang, Llyr. Arrête de tout le temps penser à l’alcool.

    « Les couleurs ? »


Voilà quelque chose qui chance. Zirnitra est-elle colorée ? A mes yeux, elle semble toujours la même, nation glacée, aux immeubles de verre, aux personnes droites. Je pense au sérieux des lieux. Pourtant notre nation est si artistique. Tant de tableaux, tant de statues. Mais tout semble caché par cette épaisse couche de glace et par les règles qui nous empêchent véritablement de nous exprimer. Suis-je en train de me rendre compte de ce qu’est vraiment Zirnitra ? Non, je le sais depuis toujours. Je suis si étrange parfois. J’aime le bruit, l’agitation. Il y en a là-bas, du bruit. Mais il semble calculé. Il semble bien moins naturel que celui dans lequel je suis, là.

    « Beaucoup de rouge. De blanc. En vérité, je… n’y ai jamais vraiment prêté attention. »


Oui je l’admets, je dois accepter mon ignorance.

    « Nous avons beaucoup d’artistes. Cachés, certes, mais des artistes. Les couleurs que nous voyons sont… simples. Dictées. Celles-ci et pas d’autres. Je sais que cela parait étrange. A mes yeux, tout me semble… plat. Mais peut-être parce que je patrouille tous les jours aux mêmes endroits. »


Puis un petit sourire me revient. Oui, encore.

    « Les artistes, les vrais, et leurs couleurs ne se plient pas aux règles. Mais ces artistes sont hors de ma juridiction lorsque je patrouille. Je vais les voir en dehors de mes heures, et c’est là que j’apprécie leur travail. Aucune obligation ne me plie à les dénoncer. »


Je vais encore passer pour un soldat si près des règles. Je le suis. Il faut le dire.

    « Pourquoi ne pas venir visiter ? Au moins une fois ? »









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MessageSujet: Re: au loin, les pyramides (akmar) Mer 24 Aoû - 17:35
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au loin, les pyramides
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Un sourire discret peint les lèvres de l'amentien. Il se sent presque détendu — calme. Est-ce l'atmosphère de ce bar surchauffé — quelques notes de piano qui sortent du phonographe abimé, sublimées par le son d'une trompette ou deux, accompagnées d'une voix rocailleuse ? Cette mélodie aux accents jazzy emplie le lieu, le fait gonfler — exister. Elle se fait discrète, soutenant certaines conversations murmurées, elle ne s'impose jamais — simple musique d'ambiance. Est-ce cette compagnie presque improbable qu'il ne peut qu'apprécier ? Il n'est pas un animal sociable, ou plutôt, il est un être méfiant qui met du temps à savourer la présence d'autrui. Il lui faut quelque chose de tangible, il lui faut l'ancienneté et l'honnêteté pour se mettre à discuter. Vraiment partager — loin de ces conversations de comptoirs, banalités esquissées pour bien paraître en société.

Akmar prend une nouvelle bouffée — distrait. Ils sont encore au stade des platitudes, remplie de politesses à peine déguisées. Pourtant la conversation prend forme, ils commencent à quelque peu se dévoiler — malgré eux. Leurs langages corporels se font plus détendus, est-ce l'alcool ? la fumée ? la musique ? il ne saurait l'affirmer. Toujours est-il que les épaules perdent de leur tension — ils ne s'affalent pas, mais leur dos se reposent plus fermement contre le dossier de leurs chaises. Leurs langues se délient — rien de personnels. Pourtant, quand on sait regarder, observer le sous-texte qui se tisse au travers de toutes ces banalités. Leurs caractères se font plus présent — plus écrasant. Tout en gardant toujours une certaine distance de sécurité. Ils ne sont pas fait du même bois — loin de là. Que ce soit physiquement ou dans leur approche du monde, leurs différences est ce qui rend leurs discussions presque intéressantes. « Beaucoup de rouge. De blanc. En vérité, je… n’y ai jamais vraiment prêté attention. »

Akmar ne pourrait pas y prêter attention — les couleurs rendent Amenti vivantes. Les torchis jaunes, ocres, rouilles — parfois d'un rouge vibrant ou d'un bleu étonnant. Son propre immeuble se part d'un jaune poussin éclatant, alors que son voisin tend vers le corail pâle. Il y a également les couleurs — visuelles, auditives, olfactives. Peut-être pas dans les quartiers les plus chics, mais au marché de Shantytown, tous les sens sont en perpétuel émerveillement. Les foulards des dames flottent au vent alors que les épices emplissent les narines.

— « Nous avons beaucoup d’artistes. Cachés, certes, mais des artistes. Les couleurs que nous voyons sont… simples. Dictées. Celles-ci et pas d’autres. Je sais que cela parait étrange. A mes yeux, tout me semble… plat. Mais peut-être parce que je patrouille tous les jours aux mêmes endroits. » Akmar sourit amèrement — il ne pourrait imaginer une vie sans couleurs et saveurs, au point de ne plus les remarquer. « Les artistes, les vrais, et leurs couleurs ne se plient pas aux règles. Mais ces artistes sont hors de ma juridiction lorsque je patrouille. Je vais les voir en dehors de mes heures, et c’est là que j’apprécie leur travail. Aucune obligation ne me plie à les dénoncer. »

Akmar se retient de commenter — devant l'absurdité de la réalité. Il sait ce qu'on chuchote au sujet de la ville glacée, pourtant rien ne l'y avait préparé. Il a du mal à s'habituer à l'idée qu'on l'on puisse dénoncer ces hommes et ces femmes qui ne font qu'exercer un métier. Le meilleur des métiers — celui de pouvoir créer sans devoir se justifier. Et dire qu'ici, tout ce que Akmar se retient de dénoncer ce sont ces enfants défavorisés qui volent pour pouvoir manger. Les régimes diffèrent et les réalités aussi.

— « Pourquoi ne pas venir visiter ? Au moins une fois ? »
— « Ha, je suis bien trop habitué au climat d'Amenti, si je monte là-bas je risque de finir frigorifié. »

Akmar émet un petit rire discret, réfléchissant à la question. Il n'a jamais eu l'envie soudaine de partir de chez lui, voyager dans de nouvelle contrées — au contraire de son petit frère qui ne rêve que de ça. Et il est clair que Zirnitra ne serait pas sa destination de choix. Outre son climat particulier, les excentricités du régime ne lui donnent pas envie de visiter — au grand damne de Sofia qui ne souhaite que ça.

— « Ça ne m'a jamais vraiment attiré, pour tout dire. » continue-t'il distraitement « Quitter le connu pour plonger dans l'inconnu, voyager à l'étranger. Mon frère aimerait bien faire ça, partir dans des contrées encore inexplorées — c'est un grand rêveur. »

Akmar prend rapidement une gorgée de sa bière tiède pour se désaltérer, sa gorge asséchée par toute la fumée qu'il a ingurgité. Le voilà à parler famille plutôt que de lui — classique. Il ne peut pas s'empêcher de parler de ses frères et soeurs, ceux pour qui il continue d'avancer.

— « J'y mettrais peut-être les pieds pour votre bibliothèque. On raconte qu'elle regorge de merveilles littéraires. » soupire-t'il, presque rêveur. « Vous aimez lire, sir ? »

FT. LLYR


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